Dimension alimentaire de la pauvreté au Burkina Faso

La disponibilité d’instruments adéquats permettant l’estimation des populations et l’identification des zones à risque est fondamentale pour la prévention et la gestion de l’insécurité alimentaire. C’est dans la mise en œuvre de ces instruments que la présente étude s’est donnée pour objectif de contribuer à l’élaboration d’un modèle de risque d’insécurité alimentaire et d’estimation des populations vulnérables. L’analyse des données secondaires de l’enquête permanente agricole de 2002-2003 au niveau ménage a permis de comprendre la cause de l’incapacité de certaines couches de populations à bien se prendre en charge du point de vue alimentaire. L’estimation des populations vulnérables a été possible grâce à la formule généralisée de l’indice de pauvreté développé par Foster et al. (1984). Cette formule a permis de définir de nouveaux concepts de pauvreté alimentaire. Les résultats révèlent qu’au niveau national, 42,36 % de la population agricole n’arrivent pas à couvrir leurs besoins de consommation sur la base de leur production céréalière domestique (populations pauvres céréalières autonomes) ; 32,23 % sont pauvres céréaliers apparents et 34,10 % sont pauvres céréaliers réels. La prise en compte des autres produits vivriers (tubercules et légumineuses), ainsi que de l’autoconsommation en viande montre que 44,98 % des populations agricoles sont pauvres vivriers tandis que 46,61 % sont pauvres énergétiques. La proportion des pauvres énergétiques a servi à l’identification des régions administratives et des provinces à risques d’insécurité alimentaire suivant les seuils fixés par le Comité inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Elle a également servi à mettre en place des groupes de vulnérabilité grâce aux seuils fixés par le Programme alimentaire mondial (PAM). Lorsqu’on s’intéresse aux caractéristiques sociodémographiques et économiques des groupes de pauvreté énergétique, on remarque que les ménages pauvres énergétiques ont en moyenne une taille relativement plus grande (10 personnes contre 8 pour les non pauvres) avec un taux de dépendance élevé (79,27 % contre 50,73 %). Par ailleurs, ils exploitent de petites superficies (0,23 ha par individu contre 0,52 ha) et achètent moins de céréales pour compenser leur déficit de consommation (21,49 Kg par individu contre 32,21 Kg).

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