Les résultats définitifs de la campagne agricole et de la situation alimentaire et nutritionnelle 2009/2010

La campagne agricole 2009-2010 a été caractérisée par une installation difficile et tardive des pluies jusqu’à la deuxième décade de juillet. Des épisodes sèches plus ou moins longues ont ponctué cette période occasionnant des resemis et des stresses hydriques sévères sur les plantules. De la troisième décade de juillet à la deuxième décade de septembre, la pluviométrie enregistrée a été régulière et bien répartie dans l’espace et dans le temps. Toutefois des inondations ont été observées dans la première décade du mois de septembre dans les provinces du Kadiogo, Nayala, Sourou, Namentenga, Kossi et Gnagna.

Le cumul pluviométrique du 01 avril au 10 octobre 2009 a varié entre 404,6 mm en 36 jours à Dori et 1064 mm en 81 jours à Pô.
Comparé à celui de l’année précédente pour la même période, ce cumul saisonnier est déficitaire aux postes de Dori, de Fada N’Gourma, de Boromo, de Bobo Dioulasso, de Niangoloko et de Bérégadougou ; il est similaire à excédentaire dans les autres postes pluviométriques. Par rapport à la normale (moyenne 1971-2000) le cumul saisonnier est déficitaire aux postes de Bobo-Dioulasso, de Niangoloko et de Bérégadougou. 
Concernant la situation hydrologique, excepté les barrages de la Kompienga, de Ouahigouya, de Gouinré, de Louda et ceux de la région des cascades (Moussodougou, Lobi, Toussiana), où les taux ont varié de 22,5% à Lobi à 77,7% à moussodougou, le taux de remplissage de la plupart des ouvrages hydrauliques a oscillé entre 86 et 112% de leur capacité normale sont assez satisfaisants.
Par rapport à la situation de 2008, tous les barrages ont présenté une situation déficitaire en 2009 à la date du 13 octobre, sauf celui de Seytenga dans la région du Sahel. Les déficits les plus prononcés sont enregistrés au niveau des grands barrages comme celui de la Kompienga, de Bagré, du Sourou et de Moussodougou. Cependant, par rapport à la moyenne des sept (7) dernières années, le barrage de Bagré a enregistré un niveau supérieur de remplissage (99,36% contre 93,29%) tandis qu’une légère baisse a été observée sur celui de la Kompienga (47,28% contre 48,96%).
Toutefois, dans la région du Sahel, la situation hydrologique a été préoccupante, notamment dans les provinces du Yagha et du Séno où les taux de remplissage des retenues d’eau se sont situés entre 60 et 70%. Au regard de son très faible niveau de remplissage, la mare d’eau de Dori a connu un tarissement précoce cette année.
En plus du faible niveau de remplissage par rapport à l’année 2008, certains ouvrages hydro agricoles ont connu des dégâts importants sur leurs digues et/ou leurs canaux d’irrigation qui sont soient emportés ou endommagés. Cumulés à ceux enregistrés au cours des campagnes agricoles précédentes, ce sont, près de 180 ouvrages qui nécessitent une réhabilitation.
Le suivi de la campagne agricole 2009/2010 a permis de cibler les zones qui ont été les plus affectées par les aléas climatiques notamment, l’installation tardive des pluies, les poches de sécheresse, les inondations, la grêle, la fin de saison précoce (intervenue en pleine période de maturation des cultures) et les oiseaux granivores. Ces zones sont localisées dans 18 provinces (Yagha, Oubritenga, Kadiogo, Séno, oudalan, Zondoma, Passoré, Boulkiemdé,Bam, Soum, Kouritenga, Ganzourgou, Kourwéogo, Sanmatenga, Namentenga, Komondjari, Gnagna, Banwa). Les régions les plus touchées sont le Sahel, le Plateau Central, le Centre, le Centre Nord, l’Est et le Centre-Ouest). On note en outre que les ménages non autonomes ou les ménages en situation de précarité céréalière se concentrent dans ces régions.