Mission conjointe de suivi et d’évaluation de la campagne agropastorale et de la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages, juillet 2012

 A la fin du deuxième trimestre de l’année 2012, la situation alimentaire demeurait en général assez préoccupante dans la majorité des régions du pays tant pour les populations que pour le bétail au regard de l’évolution des prix des produits céréaliers et SPAI, de l’épuisement des stocks paysans et du fourrage, du mauvais état d’embonpoint du bétail et de la dégradation des termes de l’échange bétail/céréales dans les zones à risque. Dans le cadre du plan de soutien aux populations vulnérables, les interventions en cours ont permis une amélioration des stocks au niveau des ménages sans pour autant entrainer une baisse ni même une stabilisation des prix sur les marchés. Malgré ces différentes interventions, la situation alimentaire dans les régions reste toujours précaire dans plusieurs communes. Cette situation s’est aggravée par l’afflux des réfugiés maliens notamment dans la région du Nord et au Sahel. La situation restait préoccupante et pourrait se détériorer davantage en cas de rupture de ces opérations de soutien.

Au titre des actions de soutien à la production, l’Etat et ses partenaires accompagnent encore les producteurs par l’achat et la distribution de semences améliorées, d’animaux d’élevage et de SPAI.

Les hypothèses formulées pour les trois prochains mois c’est-à-dire juillet, aout et septembre indiquent une situation alimentaire encore plus difficile pour de nombreux ménages les contraignant, ainsi à se contenter d’un seul repas journalier. Les prix des produits pourraient continuer à monter et ne serait pas à la portée des ménages pauvres. Dans beaucoup de régions la diversité et l’importance des produits forestiers non ligneux contribuait à l’amélioration des conditions alimentaires de la population.

La disponibilité fourragère et d’eau d’abreuvement connaitrait une nette amélioration avec l’installation de la saison pluvieuse. L’installation de la campagne pourrait également occasionner un renforcement des disponibilités sur les marchés avec la mise à marché des stocks détenus à des fins spéculatives.

Dans un tel contexte, l’évolution de la campagne agricole demeure un facteur déterminant du comportement futur des acteurs du marché et partant de la situation alimentaire des ménages en général et de ceux des zones à risque en particulier.

En outre, des précipitations excédentaires à normales (de 80 à 130% de la pluviométrie moyenne) sont prévues sur la plus grande partie du Burkina, le Nord Togo, du Ghana et du Benin pour les mois de juillet-aout-septembre cumulés. Au regard de ces premières prévisions pluviométriques pour la campagne agricole 2012/2013 et des inondations survenues au cours des précédentes campagnes qui ont causé d’innombrables dégâts, une veille informationnelle et des mesures adéquates (avis conseils pour les différents secteurs concernés et renforcement des capacités d’interventions d’urgence) sont indispensables pour parer à d’éventuelles catastrophes météorologiques qui pourraient survenir.

Le suivi qualitatif de la campagne agropastorale à travers les différents systèmes d’informations concernées est ainsi déterminant pour détecter de façon précoce, les anomalies pouvant compromettre le bon déroulement de la campagne.

La présente mission conjointe de suivi de la campagne agropastorale et de la situation alimentaire et nutritionnelle courante s’inscrit dans ce cadre. Son objectif global est d’apprécier l’état d’installation de la campagne agricole, d’évaluer la situation alimentaire et nutritionnelle courante des ménages et en dégager les perspectives. Elle est conjointement mise en oeuvre par l’ensemble des structures techniques membres du dispositif national de prévention, d’alerte et de gestion des crises alimentaires : DGPER, DGM, DGRE, SP/CONASUR, SP/PAM, SP/CONACILSS, DGPSE, DGPV, SE/CNSA, SONAGESS, IGAE, DN, FAO, PAM, FEWS NET et ACF. Elle a été effectuée du 15 au 21 juillet 2012 par six équipes pluridisciplinaires, réparties sur six axes couvrant l’ensemble du pays.
Le présent rapport issu de l’analyse des différentes structures du dispositif met l’accent sur :

o La situation pluviométrique et hydrologique
o L’état des cultures et opérations culturales
o La situation alimentaire et nutritionnelle des ménages
o La situation alimentaire et sanitaire du bétail
o Les perspectives et recommandations.

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